12ème mission de Formation et d’Aide Technique à la Fédération Malgache de Vol Libre du 15 au 30 avril 2011

Logistique/Site

Cette formation s’est déroulée du 15 au 30 avril dans la Région d’Ambalavao, Antananarivo et la  région de l Ytasy, essentiellement sur le site de Pente École et petit vol de la « Femme Couchée ». Nous avons, pour nous déplacer, loué un taxi bé.

  • Encadrement François LAURI : BEES 2
  • Patrick MORONI : BEES 1
  • Élèves moniteurs : Michel Amédé,  Ignace, Herry.

Matériel

Nous avons utilisé le matériel dont avaient été dotés les clubs d’Ambalavao et de Tananarive  + trois ailes et un biplace complet (don) amenés par nous-mêmes, ainsi que des radios et différents supports pédagogiques.

Stagiaires

Les stagiaires en initiation, au nombre de 17, venaient essentiellement d’AMBALAVAO et alentours. La plupart découvraient le Parapente pour la première fois; seuls quatre avaient déjà eu une initiation PE par Amedé, élève moniteur sur AMBALAVAO plus deux stagiaires qui venaient d’Antananarivo et qui sont devenus de nouveaux élèves moniteurs.

7 pilotes autonomes se sont joints au groupe, certains dans l’optique de passer l’examen pour rentrer en formation d’éléve moniteur. Pour le stage sur TANA , les élèves âgés de 17 à 22 ans, avaient déjà eu une journée de découverte avec Ignace , élève moniteur,  et nous avons eu le plaisir de faire découvrir l activité à une partie du bureau directeur sur la pente école de Vontovorona.

Déroulement et contenu Dans la suite logique de notre formation de cadre

l’ensemble des diverses formations se sont déroulées sous la responsabilité des élèves moniteurs.

Nos interventions ayant lieu lors des débriefings de fin de séance ou par recadrage lors des séances.

Les excellentes conditions nous ont permis de travailler tous les jours : les séances terrain se déroulant le matin (6 h -12 h), les après-midi étant réservés aux cours théoriques destinés aux élèves moniteurs ainsi qu’à des apports pédagogiques, suivis des débriefings et cours théoriques faits par les élèves moniteurs en malgache.

L’utilisation du DVD «  Initiation au parapente » a été très intéressant et un support pédagogique essentiel pour une meilleure compréhension de tous (certains élèves étant analphabètes.) Sur les stages à AMBALAVAO, le temps passé en PE a permis à tous les élèves de beaucoup travailler au sol.

Toutes les phases de l’apprentissage ont pu ainsi être disséquées : gonflage, temporisation,  accélération, travail sur l’axe de tangage et roulis.

Notre présence et les apports donnés ont permis aux élèves moniteurs d’affiner  leur perception et attente des acquis essentiels du travail au sol. Les fins de séance, avec des brises plus soutenues, ont permis l’apprentissage du travail de face.

A l’issue du stage sur AMBALAVAO, les meilleurs élèves avaient déjà pu effectuer une vingtaine de petits vols (dénivelé d’environ 50 mètres), certains ayant même atteint une autonomie au posé. Tous les autres, néanmoins, ont connu les joies du vol  guidé.

Le peu de voile de grand vol ( 5) ont permis a certains élèves en perfectionnement de faire aussi un grand vol du site d’IFATY ( 50 kms au Sud d’AMBALAVAO) Les élèves moniteurs ont pu tourner et passer par tous les postes : de l’apprentissage au sol, du guidage radio au décollage et à l’atterrissage, au guidage palette.

Nous avons particulièrement insisté, comme depuis le début de nos stages sur Madagascar, sur l’importance de la sécurité : analyse météorologique et aérologique rigoureuse, importance d’une prévol parfaite…

Un examen pratique et théorique de la partie biplace a été effectué sous la même forme et au même niveau que les qualifications biplaces de la FFVL. A  été reçu Hery qui est donc le second biplaceur qualifié de Madagascar. A l’issue de ces deux stages, un test de sélection d’entrée en formation du monitorat fédéral 1er niveau ( voir référentiel ci joint) a aussi été effectué. Sur les 4 nouveaux candidats, deux ont eu une excellente note, les deux autres ayant encore des lacunes.

Nous avons corrigé ensemble et nous avons bien sûr insisté sur l’importance de bonnes connaissances théoriques personnelles, afin de pouvoir mener de bons cours théoriques aux stagiaires. Bien sûr, pour certains, une moins bonne connaissance de la langue française est un frein majeur, néanmoins l’entraide et le partage de connaissances devraient palier cette difficulté, il est évident que cet examen était aussi pour leur faire prendre conscience de l étendu du travail à faire….

A l issue de cette formation il y a donc quatre nouveaux élèves moniteurs, dont une fille ! Charline, Angélico, Charles et Vounzy.

Ils pourront donc continuer sous couvert des anciens, à se perfectionner dans l’apprentissage du métier de moniteur Un examen pratique et théorique pour le monitorat premier degré du brevet malgache de vol libre fut   effectué pour les trois élèves moniteurs confirmés, cet examen venant dans le planning initialement prévu du partenariat FFVL/FMVL.

Pour deux élèves moniteurs la partie pratique fut une belle réussite, tant par leur travail effectué sur la pente école durant cette formation que par leur niveau en grand vol.

Par contre la partie théorique laisse encore à désirer, l’approfondissement de cette matière reste pour eux un objectif sérieux. Pour le troisième, un gros travail théorique a été fourni ce qui lui a permis de décrocher cette partie avec brio. Le manque de pratique sur la pente école pour gérer un groupe et mener une séance avec des exercices adaptés sont pour lui indispensables, il le reconnaît sans problème.

Résultat de l’examen :

  • Amédé et Hery partie pratique.
  • Ignace : partie théorique.

 

BILAN Pédagogique

Les excellentes conditions et le parfait déroulement de ces deux stages, nous ont permis de partager le maximum de nos connaissances aux élèves moniteurs. Ceux ci, restent toujours  très motivés, et se sont beaucoup investi durant ces stages. Certains avaient pu au cours de l’année, organiser des formations de pilotes en PE, suivant les prérogatives que nous leur avions laissées. A l’occasion de ce dernier stage de notre partenariat, nous avons bien sur axé nos interventions essentiellement sur les élèves moniteurs, afin de pouvoir évaluer au mieux leur niveau, et  essayer de combler les lacunes. Ceci afin, bien sur, de les préparer à l’examen fait en fin de stage. Même si nous sommes satisfaits du niveau général et du chemin parcouru, il manque encore du travail et du volume de pratique pour que les premiers moniteurs malgaches puissent éclorent. Néanmoins, malgré les difficultés de transport pour se rendre sur les sites, la barrière de la langue, le matériel souvent difficile qu’ils utilisent, la motivation reste intacte et la passion bien réelle. Institutionnel Les quatre derniers jours de notre séjour sur place nous ont permis, de continuer d’aider à la structuration du vol libre malgache. De nombreuses réunions avec le nouveau bureau directeur de la FMVL nous ont permis de répondre aux interrogations, tant sur le plan pratique que structurel, Des points importants, relevés depuis les débuts de notre partenariat, comme les assurances, la structuration des clubs avec des cartes de membres, la pérennisation des sites,… ont bien été pris en compte.

La rencontre avec le ministère de la Jeunesse et des Sport, fut aussi très productive et devrait permettre la mise en place du Diplôme Malgache de Vol Libre. Notre rôle n’étant bien sur que d’attester d’un niveau suivant les référentiels mis en place et calquer sur les diplômes fédéraux de la FFVL.

Nous avons aussi fait le déplacement dans la région de l’Itasy afin de rencontrer le chef de région pour pérenniser les sites existants, cette région, entre autre, est appelée à devenir une région importante pour l’activité, étant proche de la capitale et  étant déjà un peu structurée. La rencontre entre les institutions locales, le club et la visite des sites était un exemple important pour une vue d ensemble du travail à faire. Nous avons aussi pu, au cours  de notre séjour, beaucoup échanger avec les élèves moniteurs et ainsi les aider à prévoir l’avenir. Une association de tous ces futurs moniteurs devrait ainsi voir le jour. Ceci afin de définir et mettre en place une politique commune de développement des formations et de l’activité biplace. 6. Perspectives Au bout de 8 ans de partenariat et 12 missions de formation, le bilan reste plus que positif. La communauté parapentiste ne cesse de s’étoffer avec plus de 250 pilotes Malgaches formés depuis le début. Le parapente fait maintenant partie des activités pleines natures de la grande île. Bien sûr beaucoup de travail reste à effectuer, mais ce n’est plus une activité anecdotique réservée aux seuls Vazha (étrangers).

Bien sûr beaucoup de freins dus à la situation politique et économique, la différence de mentalités, la langue, nous obligent à une constante adaptation. Le Vol Libre Malgache en est encore à ses premiers pas, mais son existence est maintenant réelle. Les premiers biplaceurs locaux, les moniteurs en formation, la volonté et le dynamisme du nouveau CD de la FMVL, sont autant d’éléments qui nous permettent d’être optimistes.

Ce stage était le dernier du partenariat renouvelé pour 2 ans, en 2008. Notre aide reste un apport essentiel autant en terme technique que structurel. Le nouveau CD de la FMVL va donc tout mettre en œuvre pour pérenniser ce partenariat dans le temps .

Un autre volet important de la pérennisation du vol libre à Madagascar reste bien sur de trouver un moyen de continuer d’avoir du matériel de vol. Nous leur avons suggéré de se rapprocher des divers clubs de France ou d’ailleurs, afin de mettre en place des jumelages par exemple. Nous continuerons, de la Réunion, de récolter les divers dons et de leur acheminer, en fonction des opportunités.

CONCLUSION

La crise politique Malgache de début 2009 et le contexte actuel difficile, ne nous aura permis de retourner finaliser le dernier stage du partenariat que début 2011. Les difficultés politiques, économiques et structurelles de ces dernières années n’ont pas permis à tous nos élèves moniteurs et biplaceurs de beaucoup s’entraîner personnellement ou de former des élèves. Certains de nos élèves moniteurs n’ont pas pu, non plus, être présents sur ce stage.

Néanmoins, notre venue, avec ce stage bien dense, et la mise en place d’un nouveau CD avec des personnes passionnées, pilotes ou en apprentissage, a redonné un bon dynamisme. Le chemin est encore long, mais le vol libre à Madagascar est maintenant malgache. Les opérateurs économiques locaux commencent à s’y intéresser, nos deux biplaceurs et élèves moniteurs, vont pouvoir offrir leurs compétences autant dans le domaine de la découverte en biplace qu’en accompagnement de groupe ou pilotes de passages.

Le nombre de clubs augmente et surtout les membres dirigeants se sentent beaucoup plus investis.

Bien sûr, demeure l’éternelle problématique du matériel qui reste un des freins majeurs a ce que les pilotes puissent progresser en nombre d’heures de vol.

En effet, les dons effectués ces dernières années commencent à être vraiment usés, voire inutilisables.

Nous avons du donc passer encore d’autres voiles en PE et encore insister sur le fait que l’on ne quittait les pieds du sol qu’avec des voiles validés pour le grand vol.

Le capital des voiles de grands vols s’amenuise fortement, et à ce jour, il ne reste plus que 6 voiles de grands vol et deux biplace sur tout Madagascar . Par défaut, les pilotes passent beaucoup de temps a travailler au sol , ce qui en soit n’est pas un mal , bien au contraire.

Néanmoins, il reste essentiel de trouver des solutions pour que le parapente malgache génère suffisamment de moyens pour envisager l’achat, à terme, de quelques voiles. Plusieurs pistes sont envisagées par le bureau de la FMVL, passant du sponsoring, à une demande de participation des pilotes étrangers utilisant les sites de vols Malgache,  à l’ouverture de l’activité à un public payant permettant ainsi l’amortissement du matériel, et la location d’air de posé. …

Bien sûr les dons sont toujours les bienvenus et absolument nécessaires pour continuer d’ouvrir l’activité au plus grand nombre. Il nous faut donc, remercier, au nom des parapentistes malgaches, tous les donateurs, et ceux qui permettent l’acheminement de ce matériel sur Madagascar. Sans eux, tout ce travail n’aurait pu être effectué. Un grand remerciement aussi à la Région Réunion pour son aide financière qui permet la tenue de ces stages. Encore,  bien sûr, un grand merci à Charly Diebold, ancien deltiste, instigateur et toujours moteur de ce beau projet de partage de notre belle activité. Merci à Jose RASALOMON nouveau Président de la FMVL à toute son équipe du comité directeur , en particulier à Fiddy qui a fait, et continu de faire, un travail remarquable de structuration. Leurs enthousiasme et réelle volonté de prendre les choses en mains, nous ont confortés dans l’idée que le Vol Libre Malgache était sur la bonne voie.

Article sur le parapente paru dans la presse malgache dans le cadre de la coopération

 Annexes :

Patrick MORONI & Auteur

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